Voilà comment j'ai vécu cette aventure!

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Levé 4h avec Régis, vraiment dur dur. On a passé une nuit de merde à l'hôtel, trop chaud (et peut-être trop manger..). Faut dire qu'on s'est bien gavé le soir en tout genre, surtout en crosets au reblochon  :D

 

Bref pas vraiment la patate, on se dit que ça sent pas bon pour la journée à venir.

Une bonne douche histoire de se réveiller et hop un bon petit déjeuner en chambre version camping. 
On est fin prêt, un poil juste en temps, tout juste le temps de sortir le bike de la voiture et de filer sur la ligne de départ, même pas moyen de s'échauffer vu l'heure.

On arrive, le départ est déjà blindé!! Pff la misère continue, ça sent la journée de merde.
Du coup on est obligé de partir du fond du peloton. Apparemment 940 riders au départ.

 

Le départ est donné à 6h, ambiance de dingue, mais nous on passe au loin des 1ers sous l'arche de départ.
Bref, le départ se fait sur de la route, ça permet de bien se mettre en jambe au départ de Mégève. Pente douce, ça me permet de gratter déjà au moins 100 à 200 pilotes tout en gérant le cardio.
S'en suit une piste assez pentue mais rien de très méchant, t'as déjà des mecs à pieds donc ça me rend dingue ça de marcher un peu au début.
Ensuite petite redescente piégeuse sur piste à terrain fuyant  et un peu de sentier humide pour arriver à Cordon.

 

S'en suit la 2ème ascension de la journée pour aller au col du Jallet.
Elle est longue, je ne m'arrête pas au 1er ravito, j'en vois pas l'intérêt j'ai tout ce qu'il faut.
Donc une belle piste sentier qui permet de prendre pas mal de D+ et d'épurer le peloton.
Je pense à bien m'alimenter et boire, au moins toutes les 15min.
Le paysage est absolument splendide! :wub: 
Je double pas mal de mecs dès que la pente s'élève, et pourtant je ne suis toujours pas chaud. Mais pente assez inconstante, ça pique quand même!
Avant le col, il y a un long sentier herbeux dans les bouses de vaches comme l'an passé puis le fameux poussage/portage dans la boue.
Puis le single hyper piégeur et boueux nous emmène au col de Jallet bien sans mal!! ça rift sévère.

 

1ère vraie descente qui va s"avérer freestyle en sentier en sous bois, beaucoup de racines hyper piégeuses et boue. Yen a pas mal qui se boitent, ça ralenti pas mal. Perso quand j'hésite je pousse car pas de vitesse et j'ai pas le droit de tomber…
Un peu plus loin ça devient plus fluide sur le sentier après les parties techniques.
Ca roule bien, on termine la fin de descente par la route car il y a eu des travaux en foret, ça permet de se reposer un peu.

J'arrive alors au 2ème ravito. J'en profite pour m'arrêter un peu et recharger mon bidon en boisson. Pour l'instant je reste au sucré.
 

On prend ensuite un grand classique, le single le long du ruisseau ou je me suis éclater au roc marathon l'an passé…  qui devient ensuite tout boueux.
Après cela on traverse la route pour attaquer la vrai montée.
Je la connais, je vais la gérer tranquillement.

Début sur la piste herbeuse, une pente sympa à 8% régulière est très plaisante.
Ca se monte bien jusqu'au fameux poussage de dingue dré dans le pentu! Toujours aussi dur celui là, il casse réellement les pattes sur 100m de + qui plus est, glissant.
Après ça encore un peu de piste au train pour arriver au nouveau ravito.
Toujours hydratation et alimentation régulière, là on est à un peu plus de la moitié soit 600m de D+, la fin est terrible.
La piste est toujours roulante et moins humide, mais il y a des coup de cul atroces qui nécessitent un peu de poussage, donc ça fait mal aux cannes. De plus il fait très chaud en plein soleil. Ca fait un moment que j'ai viré les manchettes.
Par contre la transmi commence à souffrir, elle est sèche de sèche, la boue empêche les galets de tourner par moment, le début des galère.

En haut de la tête de Torraz, début de la redescende sur combloux (enfin y a quand même de bons coups de cul!!)...
A mach 4 je commence à perdre ma pédale D et à arracher mon cable de dérailleur avant! Génial!!!
Et pour visser la pédale boueuse à la main quelle galère.
J'y parvient après 15min… au bord d'un single.
Je repars puis avale la descente technique et ricaneuse sur single avec attention, trop peur qu'elle se décroche à nouveau.
Les racines sont dingues et la pente est pas évidente par endroit, yen a une qui m'envoie dans un sapin histoire de…  , aller un petit doigt en moins!
Pour la suite je serai toujours aussi prudent!

Une fois fini ce sentier de ouf, je trouve un clé de 8 au ravito, ouff!! je suis sauvé, mais pas de lubrifiant chaine..
Petite remontée avec la chaine qui saute à taquet… pour aller choper la super piste de DH ludique que j'avais adoré l'an passé.
Bah là c'est pareil, saut virages relevés, le pied!!!
Puis un peu de piste et partie technique en sentier racinaux avant combloux où j'étais tomber l'an passé! bah c'était pas loin encore cette année^^.

Une fois à Combloux, on retourne vers Mégève par une partie de route ultra pentue (obligé de pousser par moment à cause des galets..) puis piste .
Je me laisse doublé par les mecs du 70 qui sont à taquet, alors que moi je suis pénard au train.

J'arrive alors à Mégève, frais physiquement, mais mécaniquement j'ai quand même un doute.
Je mets un coup de Karcher puis je repars.

A la bifurcation, direction le 100!!  :D 
On remplit les batterie au ravito, toujours rien pour la chaine, je me dis alors que l'abandon est pas loin...

Je repars sur la route de sallanches puis on bifurque à droite, c'est là que les choses sérieuses commencent pour aller à la croix du christ.
Je demande à toujours les gens que je croise sur le bord de la route et qui nous encourage s'ils ont pas un peu d'huile et là miracle!!!  

La pente est raide au départ avec une belle piste qui emmène au ravito, mais je reste toujours calé sur le même rythme. C'est là que je vois que j'ai une super endurance, je commence à doubler pas mal de pilotes qui piochent.
Le paysage est fantastique à cet endroit, je connaissais pas, une vue sur tout le massif du mont blanc, c'est juste la vallée en face, c'est dingue!! 

Petite redescente sur single, puis piste "plate" pour récupérer un peu.
Jusqu'à présent j'ai juste mangé 2 barres de protéines de mon sac.
La pente se met d'un coup à grimper, purée que ça pique sur la piste!! Le ciel se couvre tout doucement.
Je m'arrête pour prendre mon 1er gel au km 80.
Ca fonctionne cash, l'ascension de la croix du christ se fait alors tranquillement, je rattrape et double ceux avec qui j'étais avant, donc j'avais bien besoin de sucre!!
Arrivé là haut, c'est parti pour une fantastique descente technique en sentier sous bois, toujours aussi racinaux! Ca brasse sévère, la pente fait qu'on est un peu sur les freins, donc vraiment mal aux mains!! Quelle descente!!  :wub: 

En bas le ravito est pas loin parait-il.. bas faut quand même pédaler un peu!
Toujours une super ambiance, je prends encore au moins 5 min au ravito comme à chaque fois. Et là c'est le moment à parti duquel je vais commencer le salé mais à dosé modérée pour l'instant. Saucisson et fromage et pain!! miam
La suite de l'ascension pour aller à Cote2000 est raide mais régulière sur piste, vraiment plus rouable que la dernière montée.
Mais le vent de face ça fatigue quand même...

 

Ca y est je suis au sommet, reste juste une descente pour finir le 100km.
Descente au début sur piste puis single racineux traditionnel. Ca devient dur en descente, je suis limite mieux en montée.
La fin est moins glamour sur mini route sur 250D- avant d'arriver à Megève.

Bon là t'arrives avec les supporter en folie, t'as 9h30 de courses.
Tu réfléchis, Frech vient d'arriver.. OUI OUI  :lol: 
Et puis je me dis que tout est avec moi, le physique va bien, le mental est au taquet, les supporter sont là, la météo permet d'aller au bout!!

Je tente le 140 km!!

GO gogogo

 

C'est parti mon kiki.
Encouragé par la foule je quitte Mégève de nouveau, avec 100km et 4400m de D+..

Bon un bout de route, c'est tout plat au début, donc ça pédale bien et fluide sans effort.
Puis la pente commence à s'élever… Le ciel devient ultra noir, je suis seul, je croise quelques marcheurs.
La pente est ultra raide, j'en chie sur cette route à 15 à 20%
Je m'arrête pour commencer une nouvelle barre.
Je repars, une piste arrive, ça va mieux, le coup de mou est passé!!

Directin le mont de Vorès.

Je parviens à rattraper un concurent, la pluie commence à tomber tout doucement, ça fait limite du bien.
Et là BAM gros coup de tonnerre à moins de 500m, ça fait bien flipper.
Du coup pour rester en vie on va rester sur le vélo et pédaler ^^.
Heureusement le chance est avec nous et le vent va pousser cette orage vers sallanches.
On a eu chaud.
Je poursuis l'ascension qui sera très longue voire interminable.
Une pente moyenne à 10% assez régulière mais sous la pluie, même la grêle, le mental fait tout à ce moment, je croise un coureur qui fait demi tour…
Bref plus d'1h30 d'ascension …. un supplice surtout le poussage final mamamia  :o 
Là haut on me propose une bière ou du rosé  :lol: 
Je reste à l'eau et au sucré salé c'est plus sérieux.

Petite redescente de 300 à 400 bon m de D+ sur piste caillouteuse, putain qu'elle brasse celle là, ultra violente et rapide, faut pas se rater.

Nouveau ravito, toujours une super ambiance quand t'arrive, encouragement et tout!!
Le fromage/saucission toujours au top!!
Je repars pour une piste de 250m de D+, elle se monte super bien, pas trop de pente, les jambes sont toujours là!

La descente de 500mD- qui suit s'annonce fantastique, un single à flanc de montagne en sous bois!
Technique avec des épingles sérées, de la boue, des racines traitres, la lucidité qui baisse!
Je suis seul de seul depuis un moment, quel plaisir sur ce sentier, quand je pense que ceux des autres parcours ont ratés ça!!!  :wub: 

J'arrive de nouveau à un ravito, je retrouve le monsieur qui m'a dépanné en lubrifiant chaine!
Je leur demande si y avait du monde qui était passé avant moi, il me dit NOONNN que 48!
Bravo continue. Il reste 526m+ sur le panneau, ça fait ultra mal au moral.
Je pars donc à cette conquête du dernier sommet.
Je vois un mec au loin, ça me donne une patate d'enfer.
A mis montée je le dépose, un italien, petite tape amicale il en chie le pauvre.
De mon côté j'ai des jambes de feu, c'est juste dingue! Ces mecs là je les retrouverai 20min après à l'arrivée c'est pour dire!

J'en double un 2ème après les nombreux virages style alpe d'huez de la piste ^^.

Ca y est!!! j'ai fini l'ascension!! j'ai fini tout le D+ je me sens alors super heureux.
Mais attention je me dis qu'il rest quand même la descente!!
Et quelle descente encore sur single sous bois, celle là est ultra technique par endroit, un truc de dingue, y a des escaliers en rondins de bois avec marches de 40cm, racines de malades et de la pente. La boue sur la fin est très dangereuse, je fais gaffe et je double 2 mecs.

En bas à Praz sur arly tu te dis purée c'est fini!!! eh bah nan!!  :D

Long chemin en faux plat montant sur au moins 2 km, je suis à donf!! puis on arrive sur la grande route.
Reste 3km sur la route jusqu'à l'arrivée d'après les bénévoles.
Je vois un mec pas loin derrière moi.
Je me mets alors en monde routeux contre la montre! je m'occupe pas du mec derrière, je ne veux pas perdre ma belle place, ça tire du braquet, j'arrive à Mégève, petite remontée et passage sur la dernière spéciale enduro dans l'herbe, grosse ambiance!!

 

J'arrive sous l'arche d'arrivée sous l'ovation! Quelle émotion, c'est tellement dur ce truc que j'en lâche ma larme.
Trop heureux de cette perf après la terrible chute du roc des alpes.
45e en 13h17 
94 finishers sur 940 au départ!
Comme dirait les mecs à l'arrivée lorsqu'il m'ont interviewé, je suis "rentré dans la légende de la MB race!"
Une expérience à vivre absolument  B)

Je remercie mon mental qui a été là tout le long de la course.
Mon Kiné qui m'a permis de retrouver ma mobilité 3 semaine après la fracture du coude au Roc des Alpes marathon.
Et à Régis avec qui j'ai passé un très bon WE
J'ai vraiment bien préparé cette course, j'ai accumulé quand même pas mal de km cette année et surtout du D+
Pendant la course j'ai vraiment pris les difficultés unes par une, faut pas du tout se projeter sur ce qui arrive après, et ça a été un point essentiel.
Mais le plus important a été mon alimentation et hydratation régulière sur le parcours.
Et une bon stockage de glycogène les jours qui ont précédé le parcours.
Du coup je me suis jamais senti si bien sur le vélo, en montée j'ai quasi tout passé à mon rythme en contrôlant le cardio. 
Sinon pas évident en descente quand tu peux pas te permettre de chuter! du coup j'ai marché quand je le sentais pas.

Maintenant que je connais le parcours, j'y retournerai l'an prochain avec en plus un dossard prioritaire.
Ca me permettra surement de gagner du temps mais surtout de l'énergie car le départ du fond de peloton c'est pas du gâteau...

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