J'avais réalisé ce superbe raid en 2013 sur 2 jours, j'avais adoré.
Donc cette année je me suis lancé sur l'aventure en une journée, typiquement le genre de parcours que j'aime avec du gros D+.
Je repars la veille avec le dossard 21.

Source: Externe



Le jour J, étant logé sur Briançon c'est réveil à 3h du matin, purée que ça pique.
J'ai quasi pas dormi, 3h tout au plus, donc on peut pas dire que c'est la grande forme.
Mais maintenant que le réveil à sonné je ne peux pas revenir en arrière. J'ouvre les volets et là c'est le drame!!
Y a un orage dehors il pleut comme vache qui pisse...
Bref j'avale mon ptit dej et hop c'est parti, on sait jamais au cas où ça passe.

Le trajet en voiture va déjà être catastrophique, ça annonce la couleur de la journée.. Une pluie incroyable, une visibilité quasi nulle, le col du Lautaret transformé à moitié en torrent!!
Bref je mets pas mal de temps pour arriver sur la Meije, la visibilité était telle que j'ai failli me vomir dessus à plusieurs reprises c'est pour dire...

Le temps toujours aussi pourri sur place, j'attends sagement dans la voiture, c'est clair que si ça reste comme ça je prends pas le départ.
Je vais voir l'orga vite fait pour leur toucher 2 mots sur les conditions météo, ils me disent que le départ sera donné quand même.

Bref il reste 20 min avant le départ, la pluie s'arrête, miracle!!! Du coup c'est la course pour s'équiper et aller au départ, tant pis y aura pas d'échauffement....

Donc 6h, départ de Villar d'arène en Elite, je pars cool, je laisse filer les 20 avions devant, moi je vais la jouer diesel car je me sens toujours pas bien à cause de la route.
L'ascension du Lautaret est toujours aussi sympa de nuit, je me sens pas trop mal.
S'en suis la petite descente avant d'attaquer la belle montée du galibier, je me fais rattraper par ce sacré Derapman qui arrive à mach 12 ^^!
La température est idéale, la montée toujours aussi efficace, mais je sens que j'ai pas les jambes des grands jours, il va falloir faire avec.
Sûrement le manque de sommeil et le fait que j'ai déjà roulé 8h dans la semaine pour profiter du soleil dans les Vosges.
Le portage passe pas trop mal cette année, je suis avec Jerem avec qui je vais rester un bon bout de la descente qui suit avant qu'il crève.

Une fois au Galibier, on vire le matos non nécessaire et hop j'attaque la descente, j'hesite sur le début, l'année dernière je me suis vautré sur le dévers à droite, super souvenir ^^!
Mais cette année la descente n'est pas gelée, par contre elle est grasse !! 
Faut faire vachement attention, c'est piégeux surtout que j'ai pu de crampons sur mon vieux Rara que j'ai jamais changé depuis janvier 2013 :)
Mis à part quelques portions tendues, je trouve que j'ai mieux abordé cette descente en single que l'an passé.

Une fois à Bonnenuit faut remonter au col de Ponsonnière, le début jusqu'au plan Lachat dans l'herbe et pierres est toujours aussi chiant (enfin c'est mon avis).
Puis la piste militaire permet de prendre du D+ assez efficacement. Et à partir des rochilles, ça devient très sympa même si on a des poussages récurrents assez désagréables, mais joli single jusqu'au lac des Cerces puis au col où le final est quand même bien raide!
Petit problème de transmi qui est pourrie suite à la 1ère descente, obligé de la nettoyer et regraisser car ça tourne pu...

La vue à ce moment là est superbe, c'est là qu'on attaque la descente sur l'Alpe du Lauzet, toujours aussi piégeuse, je passe très bien le dessus, mais comme l'année dernière, je galère un peu plus sur le bas, alors que les mecs en tout mou passent beaucoup mieux.. Mais bon je me dis toujours qu'il vaut mieux pousser un peu et perdre du temps que de tomber.
Bref j'arrive au ravito un peu derrière Danièle Troesch, forme correcte, très mal aux avant bras, mais je me trouve moins lucide que d'habitude.

Ca va d'ailleurs se voir par la suite, puisque sur le superbe chemin du Roy, je vais tout d'abord glisser sur une zone de poussette, et tomber 4m plus bas dans le torrent avec le vélo qui me retombe dessus, bref mal partout mais chanceux quand même sur le coup!!!
3km plus tard, je me mange violemment une branche d'arbre qui passe dans mon casque pour m'arrêter net, donc on rajoute le cou éclaté par la décélération.. Je cumule, le doute s'installe alors à se demander si jvais pas arrêter à 70km....  :(

La remontée au Lautaret est toujours aussi désagréable, vraiment pas au top à ce moment, mais je suis quand même très très large sur la barrière horraire.

On redescend toujours la portion qu'on a montée au départ, très sympa dans ce sens, mais ça brasse bien ce single quand même en SR.

La suite, bah la fameuse montée du lac du Pontet, où j'étais limite à l'agonie l'année dernière, cette année c'est pas mieux, mais j'ai anticipé en prennant un gel un peu avant, du coup ça passe mieux :)
La suite du single jusqu'à l'aiguillon est toujours aussi fabuleuse, avec cette vue sur la Meije, puis la descente ludique et full speed sur le single qui descend à Valfroide et est toujors aussi magique! 

Il me reste plus qu'un bout de piste pour decider de la suite de mon parcours.
Finalement, je vois qu'il fait beau, qu'il est tôt, quest ce que je vais faire si je m'arrête maintenant? Je vais m'ennuyer.
Du coup je me lance à l'assault du 110km à partir du village des Hyeres Pas grave quand la forme n'est pas là suffit de se mettre en mode balade, rien que pour les paysages!

Donc ça monte très raide au départ pour aller vers le Chazelet mais ça se fait sur le bike en tirant un peu la langue.
La suite se fait sur une piste assez roulante pour aller vers le vallon de la Buffe.

S'en suit une petite redescente pourrie donc l'herbe, elle n'était pas à cet endroit l'année dernière.
Super piégieux, on arrive à fond et d'un coup on ne sait pas spécialement où aller. C'est vraiment mal balisé.
Y a un premier saut que j'enquille, le 2 ème que je ne vois pas me met limite à la rupture.
Je ralentis donc ensuite après grosse frayeur, puis je reprends de la vitesse avant de revenir sur le carrossable, et là j'ai failli m'éclater méchamment où le pauvre Derapman s'est blessé, je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour rectifier ma trajectoire, un miracle...

Bref j'arrive calmé sur la piste, qui monte au chalet de Rachas en compagnie de mec qui se balades et qui font la course avec moi... Euh je leur dis que je suis pu tout frais, j'ai déjà 3400m dans les pattes ^^!
Le poussage horrible pour arriver au plat d'Emparis est toujours aussi atroce, on peu quasi pas pédaler, c'est une vrai catastrophe..
Y a un mec qui est devant moi depuis bien 40km, je pense qu'il a des problème intestinaux, car il fait que de lacher des caisses,ça met de l'ambiance :D

Je dévale ensuite Emparis assez rapidement mais en faisant attention quand meême car ça va très vite pour se mettre dans le décors avec ces ornières. Je tape d'ailleurs plus d'une fois les pédales, mais sans conséquences.

Une fois fini Emparis, je suis toujours dans les barrières, mais vraiment fatigué, je n'ai pas la forme habituelle, du coup je prends une décision sage pour une fois, qui est de ne pas faire la descente de Besse, donc finir sur le 100km.
Je pense que s'i j'avais continué je me serais pris une bonne boite, j'avais limite cette vision en tête.

Du coup je rejoins directement le lac Liéré et noir à travers un single herbeux que je n'avais pas pris l'an passé, juste top.
Ca monte encore pas mal, mais ça je m'en souvenais de l'année dernière.

Y a absolument personne, de toute façon je me suis quasiment pas fait doublé de tout le périple.
Je profite de la vue, du fait d'être seul, c'est quand même plus sympa que d'être limite à la rupture sur le 110!
Je suis filmé au bord du lac, ou je passe d'ailleurs dans la vidéo à 3'33".

J'attaque ensuite cette superbe dernière descente, alone, le bonheur absolu, le soleil, la Meije.
Toujours tip top en direction du Chazelet, du rapide au début, puis du plus cassant ensuite (jen ai mal aux mains)
Mais c'est vrai que ce single est un des meilleurs du parcours selon moi.
Ca se termine par la descente des Fréeaux, bien engagée sur le dessus, de toute façon y a personne derrière moi, donc je passe tranquillement le dessus à pied, et je fais la fin sur le vélo. 

Voilà reste plus qu'à rejoindre l'arrivée, après le petit poussage où je me tiens à la corde..
J'en fini faitgué à La Grave avec 100km et 4400m de D+ en 11h19.
Ce qui me vaut une 2è place sur le 100km.

Source: Externe


Certe ça n'a pas la même valeur que d'être finisher du 110, mais je trouve quand même ça sympa d'être monté sur le podium car avec une forme moyenne comme aujourdhui, je trouve que j'ai été très combatif.
Encore une superbe aventure réalisé avec mon 29" titane, mais ma conclusion est la même que l'an passé, il faut vraiment un tout mou, ça doit vraiment changer la vie sur ce genre de parcours, car j'avais quand même du mal sur la fin à encaisser le terrain avec mes jambes.

Je ne sais pas si j'y retournerai, j'ai trouvé ça moins transcendant que l'an passé, peut-être parce que le parcours est le même?
Mais ça reste un parcours à faire au moins une fois dans sa vie!! ;-

Source: Externe